20.10.09

Survivre à la dépression

Dernièrement, à la télé, je vois souvent cette annonce qui parle de dépression. Celle du gars qui retourne au travail et se retrouve applaudi par tous ses collègues, qui sont si contents de le revoir.

La vérité, amis et voisins, est tout autre.

Premièrement, souvent, si tu le peux, tu ne retournes pas à ce travail, soit parce que c'est lui qui t'a mené à la dépression, soit parce que tu ne peux faire face à ces collègues.

Deuxièmement, si tu retournes au travail, tu n'es pas accueilli par une banderole qui dit "Welcome back, mon homme!" Tu es accueilli par les regards gênés, les coup d'oeil en biais, les murmures qui se taisent quand tu entres dans une pièce.

Bref, cette semaine, j'ai appris qu'une personne travaillant à mon école est présentement en congé, dû à une dépression. Or, on le sait, la dépression est la cause première du changement de carrière chez les enseignants. Pour plusieurs raisons, l'enseignement semble mettre à vif les âmes sensibles et les envoyer directement, sans passe Go ni réclammer 200$, dans les limbes des gens "en congé indéterminé". Mon ancien maître associé s'est risqué à formuler tout haut ce que tous les autres pensaient tout bas :

- Mais là, là.... La dépression, là...... On guérit pas de t'ça, criss!

La vérité, c'est qu'on guérit de la dépression, surtout si c'est une vrai dépression et non un trouble chronique non identifié dont on ne parle qu'avec beaucoup de craintes et de discrétion.

Mais comme n'importe quelle maladie, la dépression laisse une trace, une trace fantômatique si l'on est chanceux, une trace bien visible, si on l'est moins.

On reste avec cette idée que la dépression guette, à tous les tournants, toujours prête à nous bondir dans l'âme au moindre faux mouvement, toujours prête à nous traîner de nouveau dans son antre pour nous dévorer l'avenir et l'envie de vivre. Elle est là, la chienne, elle nous veut, elle va nous avoir.

Elle est là, présente, ne serait-ce que par la peur que l'on ressent à l'idée de lui revenir.

En ces premiers mois de travail comme enseignante, alors que la fatigue, le changement de saison et l'âge adulte frappent tous à ma porte en même temps, je sens ma colonne vertébrale ployer sous le poid de sa présente, sous la pesanteur de la peur de la voir se repointer.

La crisse.

7 commentaires:

Luc Pierre (dit le salaud) a dit…

Le pire, c'est qu'on juge ces gens-là à tour de bras, qu'on se moque d'eux. On les traite de mous, de lâches. Rien pour aider...

brem a dit…

La dépression peut revenir... estie que c'est lourd.

Yaya a dit…

euh oui la dépression peut revenir, y a même des études qui disent que c'est peut-être chronique...

olimax a dit…
Ce message a été supprimé par l'auteur.
olimax a dit…

Fais attention à toi !

Dominique a dit…

La dépression m'a sortie de l'enseignement. Je n'y suis jamais retournée...

Anonyme a dit…

allez un autre petit billet, juste un