Aujourd'hui, j'ai eu une journée pénible. Une formation, d'abord, pendant laquelle je me suis battue pendant 2 heures et demi pour ne pas m'endormir. Une réunion, ensuite, pendant laquelle je me suis battue pendant une heure pour ne pas envoyer chier certains de mes collègues.
En sortant de là, je n'ai qu'une idée fixe : fuck l'épicerie, fuck la cuisine, je me commande de la junk en arrivant chez nous. Je vous épargne le récit de mon retour, heure de pointe du métro et manifestation flagrante de la bêtise humaine en transport en commun ; là n'est pas le but de mon post. Il suffit de dire ceci : c'était long et désolant. En sortant du métro, comme je n'ai pas un rond sur moi, je décide de m'arrêter au Jean Coutu du coin pour ramasser ma pillule anticonceptionnelle et, une pierre deux coup, pour faire un retrait en payant interac.
Jusque là, point d'inquiétude.
J'entre dans le PJC et je me dirige vers le comptoir pharmacie. Mais avant d'y arriver, j'entends une voix que je connais. À mersure que je marche, la voix devient de plus en plus familière, jusqu'à ce que j'aie un flash.
Fuck.
C'est vrai.
Manon travaille ici.
- flashback -
Manon - oui c'est un nom fictif - est l'ancienne collègue de travail et l'ancienne colocataire de mon ancien colocataire et meilleur ami. Lui et moi, on a vécu ensemble un bout, puis il est déménagé quand ma blonde de l'époque est venue rester chez moi. Il a été mon meilleur ami pendant longtemps, mais de fil en aiguille et le temps faisant les choses à sa manière, nous nous sommes perdus de vue, ce qui veut également dire que j'ai perdu de vue pas mal tout les gens que je connaissais à l'époque.
Manon fait partie de ces gens-là.
On n'a jamais vraiment été amies, elle et moi. Je la voyais quand j'allais chez lui et j'étais vraiment souvent chez lui, c'est vrai, mais je n'ai jamais appelée Manon pour faire quoi que ce soit, je n'ai jamais rien partagé de particulier avec elle et je suis carrément incapable de me rappeler son nom de famille.
J'aimerais pouvoir dire que je ne lui ai pas parlé depuis des années.
Malheureusement, ce serait mentir.
Parce que voyez-vous, je ne lui avais pas parlé depuis des années.
Jusqu'à ce que.
Je la croise à ce Jean Coutu il y a environ un mois et demi, alors que j'y étais avec BB.
Lui et moi, nous rentrions du marché Jean-Talon, avec nos sacs de hippies qui débordaient de légumes, de fromages et de baguettes de pain. Nous nous étions arrêté pour me ramasser des advils ou quelque chose du genre et là, au comptoir pharmacie, je suis tombée sur Manon.
Malaise.
Je ne l'ai pas vue depuis des années. La dernière fois que je l'ai vue, j'étais la plus convaincue des lesbiennes et je crois bien que j'étais en peine d'amour à cause de M. Elle ne peut avoir absolument aucune idée que je sors avec un garçon
Moi : Ouin, ben on revient du marché, là.
Manon : Tu vas où, de même?
Moi : Ben on rentre chez nous, c'est à deux coin de rue.
Manon, en regardant Benoit : Haaa c'est ton coloc?
BB me regarde le plus grand des sourires, j'ai envie de le frapper. Je le sais, juste à voir ses yeux, qu'il est intérieurement mort de rire.
Moi : Heu... N-non, pas... pas officiellement, non.
Manon qui me regarde sans comprendre.
Moi : J'trouve pas les advils liqui-gel, en avez-vous?
...
Ce jour-là, on s'est poussés au plus vite et depuis, je regarde toujours si elle travaille lorsque je viens acheter quoi que ce soit, parce que je n'ai pas envie de la croiser.
Ne vous méprenez pas, ce n'est pas que je ne l'aime pas.
C'est seulement qu'elle fait partie de ces personnes qui n'ont pas assez d'importance dans ma vie pour que je consacre plusieurs minutes de mon temps à entretenir une conversation dont je n'ai en vérité rien à faire et, aussi, parce que je n'ai aucune mais aucune envie de me mettre à lui expliquer le processus qui m'a mené à me promener au bras de ce beau grand brun qui m'accompagne partout.
Bref, en réalisant qu'elle était là, je me suis cachée dans la première rangéeà ma portée et j'ai eu la réflexion suivante : si je vais au comptoir et que je lui demande ma prescription d'anovulants, c'est IMPOSSIBLE que je ne me sente pas obligée de lui faire la jasette. Et clairement, même si elle ne me pose pas la question, elle va VRAIMENT se demander qu'est-ce que je peux bien foutre avec des pilulles anti-bébé.
Qu'est-ce que j'ai fait, donc, amis et voisins?
J'ai fait semblant de ne pas la voir et j'ai acheté les quelques cossins qui pouvaient me sembler le moindrement utiles pour pouvoir faire un retrait en payant à la caisse, soit :
- du gel à raser pour les jambes;
- du nettoyant tout usage écologique;
- des bouteilles pour mettre mon shampoing et mon revitalisant quand je vais partir à NYC avec BB la semaine prochaine;
- et un VRAI cache-oeil de pirate pour BB.
4 commentaires:
hahaha apelle moi la prochaine fois, je pourrais t'aider et ça pourrait être très drôle
Voyons donc. Tu t'es fous de ce qu'elle peut bien penser, c'est tout.
Elle, elle est là pour te servir, elle n'a pas à savoir ta vie.
Ouais bon facile à dire, mais je ne suis pas encore capabele de faire complètement abstraction des conventions sociales.
Ma technique demeure encore et toujours : faire semblant que t'as pas vu la personne.
Si tu l'as vue et qu'elle a vu que tu l'as vue, ça devient : faire semblant que t'as pas reconnu la personne.
Ouais.
Au fond, tu t'assumes pas encore complètement là-dessus.
En même temps je te comprend, les bisexuel-les sont souvent vu comme des êtres un peu anormaux pas pluggé.
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